Comment calculer les coûts du stress en entreprise? Print E-mail
jean_pierre_brun.jpgVotre question est courte mais essentielle, car le stress au travail engendre des coûts importants tant pour la personne, les entreprises, que la société dans son ensemble. Votre question est courte mais essentielle, car le stress au travail engendre des coûts importants tant pour la personne, les entreprises, que la société dans son ensemble.

Voici, tout d’abord, quelques chiffres qui illustrent l’ampleur de ce phénomène et qui peuvent être utiles pour démontrer l’importance du problème auquel nous faisons face :

- Au Canada, les coûts du stress au travail sont estimés à 14,4 milliards de dollars, soit environ 1,7% du produit intérieur brut;

- Au Québec, les coûts des lésions indemnisées liées au stress, à l’épuisement professionnel ou à d’autres facteurs d’ordre psychologique sont de 14,3 millions de dollars en 2004;

- Aux Etats-Unis, on estime les coûts pour les entreprises à 66 milliards de dollars;

- Pour l’Union Européenne, une estimation conservatrice avance le chiffre de 20 milliards d’euros.

Au plan humain, on dispose aussi de chiffres qui permettent de mieux saisir les impacts du stress au travail :

- 43% des travailleurs canadiens ont connu un épisode de détresse psychologique entre 1994 et 2000;

- Au Québec, en 2006, 41 % des personnes se disaient assez ou extrêmement stressées;

- 6 millions de journées sont perdues annuellement au Québec en raison des problèmes de santé mentale au travail;

- En 2005, 7,5 millions d'ordonnances d'antidépresseurs ont été faites au Québec, soit deux millions de plus qu'en 2001;

- Pour plusieurs compagnies d’assurance canadiennes, les invalidités de longue durée ont augmentée de 120% en 10 ans;

- Au Québec, tout près de 50% des demandes d’invalidité sont reliées à des troubles d’ordre psychologique;

- Aux États-Unis, en 2006, les prescriptions d’anti dépresseurs totalisent 20 milliards de dollars.

Ces chiffres sont étourdissants et pourtant ils ne représentent que la pointe de l’iceberg puisqu’on ne considère que les absences au travail. Or, ce n’est pas parce que l’on est au travail qu’il n’existe pas de stress au travail.

Les employés qui entrent chaque matin dans leur entreprise ne sont pas tous des jovialistes et ils ne sifflent pas toujours en travaillant.

En fait, ce que j’ai découvert dans mes interventions en entreprise c’est que le stress au travail ne se résume pas aux absences et à l’absentéisme. On peut aussi être au travail et être affecté au plan de son bien-être psychologique. C’est ce que j’appelle le présentéisme.

Le présentéisme se définit comme la réduction de la performance d’un employé, présent au travail, en raison de la présence d’un problème de santé physique ou mentale.

On peut mesurer l’ampleur et les effets du présentéisme en faisant appel aux indicateurs suivants: accroissement des erreurs, réduction de la qualité de la production, primes d’assurance-médicaments, programme d’aide aux employés (PAE), perte de productivité, etc.

Dans votre calcul des coûts du stress au travail, il faut absolument inclure les impacts de l’absentéisme et aussi ceux du présentéisme.

Vous devez par ailleurs considérer les coûts directs et indirects. Il serait trop long d’expliquer ici en détail comment procéder à ce calcul.

Je vous invite donc à consulter notre rapport de recherche sur les coûts du stress en entreprise. Vous trouverez le document en français et aussi en anglais.

À la fin du rapport, se trouve une grille qui vous permettra d’estimer les coûts pour votre entreprise.

Cette chronique a été reproduit avec l'autorisation de l'auteur.
Source: LaPresseAffaires.com